Corcovado : le poumon vert du Costa Rica

Isolé au sud-ouest du pays sur la péninsule d’Osa, le Parc National Corcovado n’est pas simplement un espace protégé. C’est un sanctuaire sauvage d’une intensité rare, décrit par le National Geographic comme « l’endroit biologiquement le plus intense de la Terre en termes de biodiversité ».
Pour quiconque cherche à comprendre la force originelle de la nature tropicale, Corcovado est le graal ultime.
Le parc s’étend sur plus de 42 000 hectares terrestres et protège une variété d’écosystèmes allant des plages de sable noir désertes aux forêts primaires de nuages, en passant par des mangroves denses. Cette richesse territoriale permet à Corcovado d’abriter des chiffres vertigineux, dont 2,5 % de la biodiversité mondiale est concentrée sur ce seul morceau de terre. C’est l’un des derniers bastions en Amérique centrale où les chaînes alimentaires restent intactes et complètes, du plus petit insecte jusqu’aux grands prédateurs.
Faire une randonnée au Corcovado, c’est s’offrir la chance croiser des espèces devenues extrêmement rares ou éteintes dans le reste du pays et du monde. C’est l’un des rares endroits du pays où cohabitent le singe hurleur, le singe capucin et le singe araignée. Le parc abrite aussi la plus importante population de jaguars du Costa Rica. Bien que le félin reste discret, ses empreintes fraîches sur la boue des sentiers rappellent constamment sa présence. Il est très fréquent d’observer le tapir de Baird, un mammifère préhistorique massif, faire la sieste sur les plages à l’ombre des amandiers tropicaux, ou de croiser des hardes de pécaris, cochons sauvages, fouillant le sol forestier. Puis, le ciel du parc est constamment traversé par des couples d’aras rouges, dont les cris stridents résonnent au-dessus de la canopée.
L’accès au Corcovado est strictement réglementé pour préserver sa tranquillité. On n’y entre pas en voiture, on y accède en bateau depuis Drake Bay ou Puerto Jiménez, ou après de longues heures de marche à travers la jungle. Le cœur battant du parc est la station de recherche de Sirena. Dormir dans cette station surélevée au milieu de nulle part offre une immersion sensorielle inoubliable. Dès l’aube, la forêt s’éveille dans un vacarme de cris de singes hurleurs et de chants d’oiseaux endémiques. C’est le point de départ idéal pour explorer les sentiers de forêts primaires, où la faune se concentre de manière spectaculaire.
Si le Corcovado affiche aujourd’hui une santé écologique remarquable, le parc revient de loin. Dans les années 1970 et 1980, la zone a été le théâtre d’une déforestation massive et d’une ruée vers l’or clandestine qui ont failli détruire ses rivières. Sa création et la vigilance constante des gardes-parcs ont permis d’inverser la tendance.
