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La relation du Costa Rica avec l’environnement

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La relation du Costa Rica avec l’environnement

Plus qu’un simple pays d’Amérique centrale, le Costa Rica s’impose comme un symbole mondial de la durabilité. Alors que la planète entière cherche des solutions pour contrer la crise climatique, ce petit territoire de 51 100km2 démontre qu’il est possible de concilier prospérité économique et protection absolue du vivant.

Bien qu’il ne représente que 0,03 % de la surface émergée de la Terre, le Costa Rica abrite près de 6 % de la biodiversité mondiale ! Ce trésor biologique n’est pas le fruit du hasard, mais d’une volonté politique stricte entamée il y a plusieurs décennies. Un quart du territoire est protégé, soit environ 25 % de sa superficie totale est sanctuarisée sous forme de parcs nationaux, de réserves biologiques ou de corridors fauniques. En phase avec sa vision d’une faune libre, le pays a acté la fermeture définitive de ses zoos publics en mai 2024, afin de privilégier la conservation des animaux dans leur habitat naturel. Le Costa Rica n’a pas eu besoin de construire de nouvelles structures. Le pays comptait déjà un réseau solide et très structuré de centres de secours privés à but non lucratif, prêts à absorber les animaux pour leur offrir une prise en charge axée sur la réhabilitation plutôt que sur l’exposition. Par ailleurs, le gouvernement rémunère directement les propriétaires terriens et les agriculteurs qui protègent la forêt ou replantent des arbres. Ce système unique a permis de faire passer la couverture forestière de 21 % dans les années 1980 à plus de 50 % aujourd’hui !

Sur le front de la transition énergétique, les performances du Costa Rica frôlent la science-fiction pour de nombreuses nations industrialisées. Le réseau électrique national produit entre 98 % et 99 % de son électricité à partir de sources renouvelables, principalement l’hydroélectricité, complétée par la géothermie issue des volcans, l’éolien et le solaire. Le pays s’est également doté d’un ambitieux Plan National de Décarbonisation qui vise l’horizon 2050 pour atteindre un objectif de zéro émission nette.

Malgré ce tableau idyllique qui lui a valu le titre de « Champion de la Terre » par l’ONU, le modèle costaricien fait face à des paradoxes importants. Si l’électricité est propre, le secteur des transports reste largement dominé par les véhicules thermiques individuels, ce qui s’est traduit par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre liées aux carburants ces dernières années. Le taux de recyclage y reste faible (environ 9 % des déchets plastiques), et le traitement des eaux usées urbaines demeure un chantier majeur en cours de déploiement à l’échelle nationale. De plus, l’aspect touristique exerce une pression anthropique liée à l’activité humaine sur les écosystèmes côtiers, et perturbe parfois les comportements de la faune locale. Pour préserver la tranquillité de la faune sauvage, le Costa Rica associe des règles strictes, des aménagements physiques et une sensibilisation active. L’accès aux zones sensibles est canalisé par des sentiers balisés, des passerelles suspendues et des jauges de visiteurs, tandis que la présence de guides certifiés et la fouille des sacs à l’entrée des parcs évitent les rapprochements imprudents ou le nourrissage des animaux. Enfin, appuyé par un cadre légal prévoyant des amendes en cas d’infraction, le pays mène des campagnes nationales comme #StopAnimalSelfies pour rappeler aux voyageurs qu’observer la nature exige de maintenir une distance de sécurité et un respect absolu.

Au Costa Rica, la protection de la nature n’est pas qu’un ensemble de lois, c’est une culture résumée par l’expression nationale Pura Vida. En liant son économie au respect des écosystèmes via un éco-tourisme structuré, le pays prouve que la préservation environnementale est un investissement rentable et durable pour l’avenir. Le défi de cette décennie consistera à verdir ses infrastructures urbaines avec autant de succès qu’il a su sauver ses forêts.